éditos,  Gueuloir

Pourquoi un singe qui pense.

Petit frag­ment auto­bio­gra­phique avec, j’es­père un peu d’es­poir pour celles et ceux qui ne s’aiment pas.


Curieux un chim­pan­zé ayant l’air de réflé­chir comme logo d’un site non ?
J’ai été un enfant har­ce­lé, moqué. Tout jeune j’é­tais déjà aty­pique, pas cos­taud, sou­vent malade, un phy­sique que l’on pour­rait qua­li­fier d’in­gras et un esprit hors normes.

J’a­vais deux sur­noms : La moule et gueule de singe. Les enfants sont très sym­pas non ?
En plus quand un ins­ti­tu­teur fan de sport vous prend en grippe et vous traite de moule devant les autres parce que vous êtes inca­pable de grim­per à la corde…
Ces merdes ont conti­nué qua­si­ment jus­qu’en troi­sième au col­lège. En fait jus­qu’à ce que je réplique et allonge un har­ce­leur. Cer­tains disent que la vio­lence n’est jamais une solu­tion mais hélas face à cer­tains abru­tis c’est par­fois la seule solu­tion.
En plus dans ces années 60 et début 70 on n’a­vait pas la même aten­tion que main­te­nant aux pro­blèmes des enfants. J’ai ain­si décou­vert à tra­vers une de mes fils ayant les mêmes pro­blèmes que j’é­tais dys­gra­phique et dys­or­tho­gra­phique (peut-être aus­si un peu dys­pha­sique mais le déter­mi­ner deman­de­rai un diag­nos­tic éta­bli à cette époque),
TDA/H aus­si ça c’est incon­tes­table. Donc je n’é­tais pas juste un fai­né­nant brouillon et mon échec sco­laire avait au moins par­tiel­le­ment des causes dont je n’é­tais pas cou­pable (j’employe ce mot plu­tôt que res­pon­sable car j’ai vrai­ment culpa­bi­li­sé).
Par contre j’a­vais dans mes par­ti­cu­la­ri­tés mon intel­li­gence. Par chance (vrai­ment ?) celle-ci fut mesu­rée, jau­gée… lors d’une expé­ri­men­taion de l’E­du­ca­tion Natio­nale. Je ne vous don­ne­rai pas de chiffres car ils sont en faits peu per­ti­nents en eux-mêmes je vais sim­ple­ment vous dire que le score était bien supé­rieur à ce qui per­met l’en­trée dans la caté­go­rie HQI. Une bonne chose ? Pour moi deve­nu adulte oui mais enfant ou ado non.
En effet vu mes résul­tats par­mi les meilleurs dans l’a­ca­dé­mie, je devais réus­sir tel que cela m’a été dit par un comi­té regrou­pant direc­tion du col­lège, ins­pec­teur, psy­cho­logue, prof prin­ci­pal…
Je devais mais j’ai quand même été sanc­tion­né pour des cahiers illi­sibles, j’a­vais des zéros sys­té­ma­tiques en dic­tées (oui on avait encore des dic­tées et à 4 points la faute…) et j’é­tais tou­jours inca­pable de me concen­trer en classe.
Résul­tat, j’a­vais des moyennes tour­nant entre 15 et 18 dans des matières comme les sciences natu­relles, his­toire géo et au moins douze dans ce que l’on appe­lait des rédac­tions en fran­çais. Par contre avec le reste je me retrou­vais aux alen­tours de 6 en note glo­bale de fran­çais, 1 ou 2 au max en Alle­mand (pre­mière langue) et en anglais.
Quand aux saintes mathé­ma­tiques envi­ron 5 (A noter que pour toute la durée du col­lègue nous fîmes par­tis de l’ex­pé­ri­men­ta­tion maths modernes, une catas­trophe ! ).
Ensuite une seconde par défaut (éco­no­mique, on m’a­vait refu­sé d’al­ler dans un bac élec­tro­nique) et je par­tis avant que l’on ne me le demande.
Le reste de ma vie est celui d’un auto­di­dacte qui dans l’ad­mi­nis­tra­tion ter­ri­to­rial est par­ti du grade le plus, bas auxi­liaire de bureau (n’existe même plus) jus­qu’à atta­ché prin­ci­pal chef de pro­jet de veille infor­ma­tique en pas­sant par agent de bureau aux écri­tures puis dac­ty­lo­graphe, aide ouvrier pro­fes­sion­nel, ouvrier élec­tri­cien seconde caté­go­rie, ouvrier élec­tro­ni­cien pre­mière caté­go­rie, rédac­teur pro­gram­meur, atta­ché
pro­gram­meur de sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion. Vous remar­que­rez au pas­sage que j’ai été élec­tro­ni­cien ce que l’on m’a­vais jugé inca­pable de deve­nir :).

La pre­mière fois où j’ai com­men­cé à me sen­tir un peu moins cou­pable d’être nul a été lors de ma réus­site au concours de rédac­teur pro­gram­meur, concours sur épreuves avec une tren­taine de postes pour plus de 2000 can­di­dats. J’ai aus­si eu pas mal de réus­sites pro mais obli­gé de faire deux fois mieux que les autres car mar­qué du sceau d’in­fa­mie pour nombre de mes col­lègues car pas pas­sé par les brillantes écoles offi­cielles. Un auto­di­dacte est tou­jours sus­pect.
Tout ça pour dire dans ce billet sans doute un peu trop plein de vani­té que la gueule de singe elle s’en est au final pas si mal tiré notam­ment quand je vois ce que sont deve­nus mes tor­tion­naires (enfin les quelques pour les­quels j’ai eu des infos).
Mon but est sur­tout de dire à celles et à ceux qui, peut-être, liront ce billet que peut importe les paroles et les regards, bat­tez-vous ce qui compte c’est ce qui est en vous ! Au pas­sage, s’il le faut bat­tez vous aus­si phy­si­que­ment, per­sonne ne doit vous frap­per sans en payer le prix.
J’ai eu la moi­tié de ma vie com­plè­te­ment gâchée par la bêtise des autres, le reste en par­tie car il y a des séquelles qui per­sistent.
N’ayez pas honte de pen­ser, je sais que l’on pré­fère dans notre socié­té ceux qui tapent dans des baballes, qui ont une belle gueule, qui pré­sentent… Mais il y a quand même des gens qui peuvent vous appré­cier pour ce que vous êtes.

Pour ter­mi­ner j’es­père que ce petit texte ne vous sem­ble­ra pas trop voué à mon auto-glo­ri­fi­ca­tion. Je suis un humain ordi­naire avec comme toutes et tous des par­ti­cu­la­ri­tés qui font de moi un indi­vi­du ni meilleur ni pire que la moyenne.

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